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vendredi 30 mars 2012

Boulimie de puzzles





Au Nido mardi matin j'ai demandé à Émy si elle voulait bien prendre un puzzle car j'avais besoin d'une photo. En général elle est assez d'accord, elle commence à avoir l'habitude de me servir de modèle !
Elle a pris la libellule, et s'est mise à la faire hors de son support. Je ne lui avais jamais montré cela avant et je ne crois pas qu'elle l'ait vu faire, peut-être dans la classe de Liv. Elle a également pris le temps de toucher les espace vides. C'est quelque chose que je faisais avec les puzzles de formes géométriques (le disque, le carré et le triangle). Elle s'est imprégnée de ce geste et il ressort. Avec les cadres d'habillage aussi, elle prend le temps de toucher l'espace vide.
Puis elle a enchainé avec les autres puzzles, hors du socle aussi : le poisson, la coccinelle et le coq. Ensuite elle a pris les puzzles avec des encastrements d'animaux et de fruits et les petits puzzles de 2 pièces qu'elle ne fait plus depuis un moment déjà !
C'était un beau travail, qu'elle ne faisait visiblement pas pour moi et j'ai pu faire des tonnes de photos sans que cela ne la gène. Je me suis régalée de l'observer. C'est immense ces moments où l'enfant est plongé entièrement dans son activité et que rien autour ne le dérange. Cette concentration on la reconnait quand l'enfant prend le temps de faire les choses, d'observer ses gestes, de recommencer si ce n'est pas parfait, quand il manipule les objets avec délicatesse, respect et lenteur. L'enfant se construit dans ces moments-là et nous pouvons mieux comprendre pourquoi la pédagogie Montessori est née de l'observation.

Qu'est-ce qu'elle grandi en ce moment ma petite Émy ! Elle est dans une période de grands changements qui expliquent son comportement allant parfois aux deux extrêmes : elle peut être posée, concentrée, intéressée et active, mais aussi très irritable, fâchée et complètement désordonnée, ne faisant rien de constructif. C'est qu'il faut du temps pour construire son caractère et son identité et cela ne peut pas se faire sans heurts. Nous ne pouvons pas éliminer ces luttes de la vie de l'enfant, mais nous pouvons les rendre gérables. Bien des colères entre 2 et 3 ans n’ont pas d’autres causes profondes qu’une “difficulté d’être”, vécue par le petit enfant. Plus que jamais observation, lenteur et empathie sont de mises dans ces moments-là.
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