Affichage des articles dont le libellé est Concentration. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Concentration. Afficher tous les articles

lundi 18 novembre 2013

Réfléxions du samedi


Samedi j'ai accompagné les filles à l'atelier de peinture (cette fois-ci Émy a voulu y aller) et en attendant dans le petit salon pendant le déroulement de la séance, je me suis plongée dans un livre d'Arno Stern, le jeu de peindre.
C'est une approche très intéressante et j'y ai trouvé des correspondances avec la pensée de Maria Montessori. Ce passage, par exemple, m'a beaucoup parlé et m'a plongé dans mes pensées, si bien que je l'ai recopié dans mon carnet :

"Ceux qui attribuent la trace (le dessin, la peinture...) à l'imagination, s'évertuent à stimuler la créativité en proposant une variété de techniques. Ils entretiennent ainsi une avidité aux changements : un jour on propose de peindre en noir et blanc sur du papier ondulé, le lendemain on éclaboussera des couleurs sur du papier buvard; un autre jour, les enfants devront graver des traits parallèles dans des coulées de cires, et à la séance suivante faire des motifs avec des épingles piquées dans une plaque de polyester... Il faut surtout, ne jamais répéter, mais toujours désirer du nouveau. La répétition est considérée comme le contraire du progrès."

Pourtant, oui, c'est bien la répétition qui permet de progresser, de se perfectionner, de voir et percevoir de plus en plus de détails et d'aller au fond des choses.
Et en quoi cette phrase m'a fait penser à Montessori ? Parce que là aussi la répétition et la volonté de ne pas toujours apporter de la nouveauté à l'enfant questionnent souvent. Les parents viennent me voir pour trouver des nouvelles activités à proposer car l'enfant n'arrive pas à se poser. La réponse n'est pas dans une nouvelle activité. Je leur conseille d'abord de faire le tri, de vider, de proposer moins de choses, d'aller à l'essentiel. Les enfants à qui l'on donne sans cesse de la nouveauté deviennent des petits papillons incapables de se concentrer sur une chose, avides de changements, ayant "besoin" de toujours plus.

J'ai pu observer le début de la séance de peinture, car Émy avait du mal à me laisser sortir de la pièce. Et j'ai compris l'importance de ce lieu clos, sans interférences extérieures, sans autres stimulations, sans la question du choix de la technique, sans technique d'ailleurs, si ce n'est le respect du matériel et de la couleur.
Émy était posée, calme, hyper concentrée, prenant le temps de choisir ses couleurs, son pinceau. Avant de toucher la feuille, elle avait un petit temps de réflexion, d'observation. Elle était bien, dans ce qu'elle faisait. Elle était dans "l'ici et maintenant", dans le plaisir du moment de la création.
Même à la maison, où elle peut faire de la peinture quand elle le souhaite car elle a le matériel à disposition, elle n'est jamais aussi concentrée, focalisée sur ses gestes et attentive. De plus ses moments de peinture ne durent pas aussi longtemps, en tout cas pas 1h30 sans interruption de la concentration, comme cela a été le cas samedi .
Liv, quant à elle, était ravie de revenir là. Contrairement à la première fois, où elle avait été très impressionnée par l'ambiance, elle s'est tout de suite lancée dans une œuvre, pressée de se mettre en action. Ces gestes étaient justement marqués par cet empressement, comme si le temps était compté et qu'elle voulait en profiter au maximum avant la fin. Elle courait presque entre la table des couleurs et sa feuille, oubliant parfois de tremper le pinceau dans l'eau ou prenant trop de peinture !
La première fois elle s'était mise à peindre très tard dans la séance, après une longue adaptation. Elle a dû rester sur cette impression de temps trop court, et ne voulait rien rater cette fois-ci.

Dans une ambiance Montessori, c'est aussi ce qu'il faut rechercher : la concentration de l'enfant, son investissement profond dans ce qu'il fait. Alors au lieu de "poluer" les étagères avec tout un tas d’activités annexes, de peur que les enfants ne finissent par s'ennuyer de trouver toujours le même matériel, nous devons les aider sur le chemin de la répétition du geste, le plaisir que l'on peut éprouver à se perfectionner et à aller au fond des choses. Ne pas rester simplement en surface et "consommer" les activités.

Tout au long des séances dans un closlieu l'enfant, ou l'adulte d'ailleurs, ne trouvera rien de nouveau, rien d'autre que ce qu'il ne connait déjà, à savoir cette table des couleurs au centre de la pièce, et ces murs marqués des traces des précédents ateliers qui attendent une feuille blanche. À chaque fois c'est une répétition mais en même temps chaque séance est nouvelle !

Une ambiance Montessori aussi offre à l'enfant la réassurance de trouver toujours les mêmes choses, à leur place, dans un ordre qu'il connait et a mémorisé. Il sait parfois avant même d'arriver à l'école, quelle activité il va prendre. Il ne peut pas avoir "peur" de l'inattendu, de l'inconnu.
Mais ce qui est stimulant pour l'enfant est qu'il n'a pas accès tout d'un coup à tout le matériel de la classe. Cela se fera petit à petit. Au fur et à mesure qu'il grandi, il peut prendre de nouvelles choses, découvrir de nouveaux concepts et progresser dans ces apprentissages, tout en ayant la possibilité de revenir à des choses déjà connues, pour se rassurer, pour se reposer ou simplement pour le plaisir !
Et la critique vis à vis de Montessori, que j'entends souvent, par rapport aux activités artistiques me parait encore plus vide de sens après avoir lu Arno Stern : pourquoi n'y a t-il pas plus d'ateliers créatifs ? pourquoi un seul chevalet avec seulement de la peinture ? Pour que les enfants ne se perdent pas dans des exercices superflus.

" La fantaisie qui exagère et invente grossièrement ne met pas sur la bonne voie." (de l'imagination, de la créativité et de l'intelligence). Maria Montessori, Pédagogie scientifique t.2





vendredi 30 mars 2012

Boulimie de puzzles





Au Nido mardi matin j'ai demandé à Émy si elle voulait bien prendre un puzzle car j'avais besoin d'une photo. En général elle est assez d'accord, elle commence à avoir l'habitude de me servir de modèle !
Elle a pris la libellule, et s'est mise à la faire hors de son support. Je ne lui avais jamais montré cela avant et je ne crois pas qu'elle l'ait vu faire, peut-être dans la classe de Liv. Elle a également pris le temps de toucher les espace vides. C'est quelque chose que je faisais avec les puzzles de formes géométriques (le disque, le carré et le triangle). Elle s'est imprégnée de ce geste et il ressort. Avec les cadres d'habillage aussi, elle prend le temps de toucher l'espace vide.
Puis elle a enchainé avec les autres puzzles, hors du socle aussi : le poisson, la coccinelle et le coq. Ensuite elle a pris les puzzles avec des encastrements d'animaux et de fruits et les petits puzzles de 2 pièces qu'elle ne fait plus depuis un moment déjà !
C'était un beau travail, qu'elle ne faisait visiblement pas pour moi et j'ai pu faire des tonnes de photos sans que cela ne la gène. Je me suis régalée de l'observer. C'est immense ces moments où l'enfant est plongé entièrement dans son activité et que rien autour ne le dérange. Cette concentration on la reconnait quand l'enfant prend le temps de faire les choses, d'observer ses gestes, de recommencer si ce n'est pas parfait, quand il manipule les objets avec délicatesse, respect et lenteur. L'enfant se construit dans ces moments-là et nous pouvons mieux comprendre pourquoi la pédagogie Montessori est née de l'observation.

Qu'est-ce qu'elle grandi en ce moment ma petite Émy ! Elle est dans une période de grands changements qui expliquent son comportement allant parfois aux deux extrêmes : elle peut être posée, concentrée, intéressée et active, mais aussi très irritable, fâchée et complètement désordonnée, ne faisant rien de constructif. C'est qu'il faut du temps pour construire son caractère et son identité et cela ne peut pas se faire sans heurts. Nous ne pouvons pas éliminer ces luttes de la vie de l'enfant, mais nous pouvons les rendre gérables. Bien des colères entre 2 et 3 ans n’ont pas d’autres causes profondes qu’une “difficulté d’être”, vécue par le petit enfant. Plus que jamais observation, lenteur et empathie sont de mises dans ces moments-là.

lundi 26 mars 2012

Grande concentration


Encore de la vie pratique ! Émy est en plein dedans. Entre 15 mois et 3 ans (et après encore) les enfants ont envie de faire tout comme nous, de participer à la vie de la famille en s'impliquant dans les tâches quotidiennes. Ils ne font pas cela pour nous aider, mais pour répondre à un besoin interne. Ils font cela pour devenir comme nous, pour grandir et devenir des Hommes. C'est une force intérieure qui les poussent vers la vie pratique et à cet âge les jouets ont souvent peu d'intérêt. Ce qui les passionne encore sont les jeux d'imitations (la cuisine, la poupée) où ils vont pouvoir rejouer ce qu'ils ont vu et acquis en notre compagnie.
La dernière fois que j'ai fait de la tapenade, Émy a voulu dénoyauter les olives. Je ne pensais pas qu'elle y arriverait aussi bien, ni qu'elle y passerait autant de temps ! C'est elle toute seule qui a presque tout dénoyauté ! On lit sur son visage la concentration intense dans laquelle elle est plongée, entièrement absorbée par son travail. C'est un régal d'observer une si petite demoiselle dans un tel "grand" travail.

À côté de cela, Émy peut avoir des moments où elle ne veut rien faire et où elle fait principalement n'importe quoi, comme en ce moment au Nido. La miss a décidé qu'elle était grande et qu'il était grand temps qu'elle aille en bas, dans la classe avec Liv. Les matinées avec elle ne sont donc pas du tout reposantes ni constructives car elle passe son temps à imaginer les bêtises qu'elle pourrait faire avec les activités : étaler des pois-chiches partout bien sûr, manger les bandelettes de papier du découpage, manger la colle aussi parfois, essayer de couper la table, presser l'éponge à côté du bol, et puis pourquoi pas verser le bol sur la table, tiens, pour voir comme ça coule par terre...etc. C'est sympa à gérer ! Allez encore 4 séances à tenir et après ce sont les vacances, puis à la rentrée nous allons tenter de l'intégrer un peu dans la classe des 3-6. On verra comment cela se passe. Puisque c'est ce qu'elle souhaite, ça ira très bien à mon avis et peut-être qu'elle sera contente de revenir au Nido par moment. Et puis d'ici là elle aura encore grandi. Heureusement que ce genre de période ne dure pas.

mardi 8 novembre 2011

Une belle rentrée








Ce matin, avec Émy nous avons fait notre entrée au Nido. Émy était très motivée et a tout de suite choisi une activité : récupérer des perles dans l'eau avec une écumoire. Puis elle range pour prendre le plateau "Transvaser à l'éponge" et se lance dans une grande concentration, refaisant plusieurs fois le transvasement, vidant bien consciencieusement le bol, l’essuyant avec l'éponge avant de recommencer à transvaser. Elle est engagée dans son travail et ne fait plus attention à moi. Elle parle pour elle même, remarquant qu'il n'y a plus d'eau sans le bol, comme je l'avais fait en lui montrant !
C'est vraiment chouette de pouvoir observer cela. Je me régale de la voir si attentive et précise, maître de ses gestes.

L'arrivée du premier enfant met fin à sa concentration. Elle range quand même, essuyant le plateau et la table.
Ensuite, elle ne fera plus grand chose, préférant être avec moi. Elle sort quelques activités, ne les range pas, n'est pas dans ce qu'elle fait... quand il y a des autres c'est toujours plus difficile.
À un moment, je propose d'écouter le son des balles qui roulent car un petit garçon énergique veut à tout prix les lancer. J'espère ainsi détourner son attention sur autre chose. C'est surtout Émy qui est attirée par le jeu. Nous faisons rouler les balles une à une en écoutant. Comme elles sont toutes différentes, elles produisent des sons différents. Cela plait à Émy.

Elle prend ensuite un nouveau panier : 3 petites boites avec des ouvertures différentes. Elle arrive à se concentrer là dessus, car elle ne connait pas les systèmes et s'applique à les découvrir et les maîtriser. Je remarque qu'elle s'énerve alors qu'elle n'arrive pas à refermer la petite boite en paille.
Heureusement, avec une petite phrase d'encouragement, elle poursuit et y arrive très bien !

L'après-midi, après la sieste nous sommes encore à l'école. Pendant que je travaille (j'ai du matériel à prendre en photo) Émy met le couvert. Elle aime bien ce plateau évidement !

Je lui montre ensuite 2 nouvelles activités que j'avais apportées : mise en paire d'objets différents (c'est à dire des paires d'objets qui n'ont rien à voir les uns avec les autres) et classement d'objets selon les critères "grand" et "petit".
Je teste un peu ces activités avec Émy pour voir si elle accroche et si ce n'est pas trop difficile, car j'ai besoin d'activités pour les enfants les plus grands qui viennent au Nido. Ils doivent aussi pouvoir trouver de quoi faire. Émy aime et y arrive très bien, donc c'est adopté !



jeudi 12 mai 2011

La fin des vacances





Liv a repris le chemin de l'école après 2 semaines de vacances. Émy voulait l'accompagner ! Elles se sont fait des câlins et des bisous à n'en plus finir !
Mais après cette séparation, Émy était bien contente de se retrouver un peu seule, au calme et de pouvoir enfin faire quelques activités sans être dérangée. De son côté Liv attendait avec impatience la rentrée. Elle a trouvé que ces vacances étaient longues.

Lundi matin, avec Émy toute seule, c'était bien calme tout à coup. Elle a voulu enfiler des perles (pendant ce temps j'ai rangé la chambre et fait les lits) puis nous sommes descendues et je lui ai présenté un nouveau plateau de différents pots à ouvrir et fermer. Depuis longtemps déjà c'est un peu une passion. Elle était ravie de découvrir tous ces pots. Elle y a passé un petit moment à observer et tester les différentes ouvertures. Elle a ensuite voulu remonter dans la chambre et prendre l'abaque. Elle aime beaucoup ce jeu en ce moment. Elle passe du temps à replacer les boules par couleur, recommencer quand elle se trompe de tige, elle observe, réfléchi... Le soir après le repas, avant d'aller se coucher, elle a voulu reprendre ce jeu et encore une fois, j'ai été étonnée de sa concentration et de sa réflexion.

L'après midi, pendant la sieste, Liv qui avait entendu parler du plateau d'Émy, a voulu faire l'activité. Elle s'y est intéressée un long moment. Elle a d'abord ouvert puis fermé les pots une fois, rapidement mais consciencieusement. Puis elle les a rangé en ordre du plus petit au plus grand en hauteur d'abord, en diamètre ensuite. Elle a entrepris de les comparer les uns aux autres, en les empilant, comparant les diamètres, les hauteurs... Je n'ai pas suivi toutes ses expérimentations. Mais on peut lire sa concentration sur son visage ! Quand elle a eu fini avec ces pots, Liv a tout remis en place dans le plateau. Elle semblait contente d'elle. Je ne pensais pas qu'elle allait trouver cette activité (préparée pour Émy) suffisamment intéressante, elle m'a prouvé le contraire !

mercredi 2 février 2011

Une danseuse sur la ligne




J'essaie, dans la mesure du possible d'être disponible pour Liv pendant les 2 heures de sieste d'Émy. Liv n'a pas toujours envie, n'est pas toujours disposée, mais je suis là pour elle.
Aujourd'hui, elle voulait faire des exercices sur la ligne. Je lui ai alors demandé si elle en avait déjà fait à l'école. Elle m'a répondu "Oui, marcher avec un verre dans la main, mais je voudrais en faire d'autres". Pendant que je préparais les quelques ustensiles nécessaires, Liv s'est costumée et s'est mise à danser. Je n'ai pas pu résister et j'ai fait quelques jolies photos de ma fée-danseuse.
Puis nous sommes montées dans sa chambre et je lui ai proposé :
- de marcher sur la ligne avec un plateau contenant un coquetier en bois. La difficulté est de tenir le plateau bien droit, sinon le coquetier glisse vers les bords.
- de marcher avec une cuiller à soupe et une balle dedans. La balle ne doit pas tomber.
- de marcher avec un grelot suspendu à un cordon, sans le faire tinter.

Liv a eu du mal à rester bien concentrée, s'éparpillant entre le contrôle de ses pieds et de ses bras. Je lui ai alors proposé de faire d'abord un tour sur la ligne sans rien, en plaçant bien ses pieds, talon contre orteils. La position exacte du pied est la première chose à maîtriser, et il me semble que Liv n'y soit pas encore arrivée, son intérêt pour cet exercice n'est pas assez grand pour qu'elle parvienne à trouver la concentration nécessaire.
Elle a voulu quand même essayer les exercices préparés, mais la concentration n'y était pas. Ma petite danseuse était trop fatiguée.

Édit du 6 février : Tout à l'heure j'ai trouvé Liv en train de marcher sur une ligne du parquet, concentrée sur ses pieds, très attentive ;-)

vendredi 19 mars 2010

4 mois et 1 retournement !





Aujourd'hui Émy a déjà 4 mois... que ça file vite ! Et tout à l'heure, alors qu'elle était sur son tapis, Liv occupée à coller des autocollants et moi à plier le linge, elle s'est retrouvée sur le ventre en essayant d'attraper un hochet. Elle nous a regardée avec un air triomphant, la tête haute et le sourire rayonnant ! Qu'elle était fière de sa réussite.
Depuis, je ne peux plus la poser sans qu'elle essaie à nouveau de se retourner. Le problème est que son bras reste coincé en dessous et ça l'empêche de finir son mouvement. C'est classique ! Et là, alors qu'est-ce qu'elle râle... je la laisse un peu, puis quand je vois que l'énervement devient trop fort, je m'approche et lui parle un peu, je lui montre un hochet, on discute. Elle se calme, mais reprend son entrainement assez rapidement.

mercredi 17 mars 2010

Le jeu du silence



La première fois que j'ai proposé à Liv "d'écouter" le silence, elle n'avait pas encore 2 ans. Nous étions dans la salle de bain et elle avait voulu éteindre la lumière. Ainsi dans le noir, nous nous sommes tues et avons écouté tous les petits bruits environnants. Le tic tac de l'horloge, les bruits de pas des voisins, les sons plus lointains de la rue...Ne plus bouger et prendre conscience des sons. Je pense que le fait d'être dans le noir a aidé Liv à ne pas parler et à rester immobile. Notre silence a duré 2 minutes ! Ce moment lui a fait une forte impression.
Depuis ce jour, c'est Liv qui me demande : "Maman, on écoute le silence ?". Et comme par hasard, c'est souvent dans la salle de bain qu'elle me le propose ! et dans le noir comme la première fois. Lorsque nous faisons le silence en plein jour, elle est moins concentrée et elle tient moins longtemps.
C'est un bon exercice pour travailler sa volonté ! C'est difficile pour une si petite fille de rester immobile sans parler, sans faire de bruit ! mais ce défi l'attire et elle y revient souvent. Je crois qu'elle apprécie ces courtes minutes où nous sommes toutes les deux unies dans ce jeu, concentrées pour ne pas bouger, pour écouter les bruits autour de notre bulle de silence.

dimanche 14 mars 2010

La ligne de Liv


Depuis quelques semaines Liv n'avait plus sa ligne dans sa chambre. Nous avons échangé son matelas au sol contre un vrai "lit de grande" qui occupe plus de place. Il mangeait un peu la ligne qui était au sol et j'ai dû la retirer, disant à Liv que je la lui referai, un peu plus étroite. Depuis, le temps à passé et toujours pas de ligne... Ne voyant rien venir, Liv me l'a réclamée.
Aujourd'hui, j'ai sorti mon scotch et mes ciseaux et j'ai enfin pris un petit quart d'heure pour refaire cette fameuse ligne, avec Liv comme assistante. Elle était très contente du résultat et a tourné en rond un bon moment.
Il lui arrive souvent de marcher spontanément sur la ligne. Elle se raconte parfois des histoire en tournant. Des fois elle va vite, des fois lentement en posant bien les deux pieds l'un devant l'autre. C'est un exercice difficile de marcher ainsi, il faut être bien concentré. D'autres fois, elle me demande de marquer la mesure avec son tambourin ou un autre instrument. Elle ajuste son rythme à ma mesure. Et lorsque j'arrête de frapper, elle s'immobilise. Ce jeu peut durer longtemps. C'est moi qui me lasse avant elle !

Dans les écoles Montessori la ligne fait partie de la classe. Il y en a toujours une. Elle est là et chacun est libre d'y faire un tour quand il veut. Elle utilise le goût naturel de enfants de marcher sur une ligne. Cela demande une grande concentration (en prenant garde de bien mettre les 2 pieds sur la ligne, talon contre orteils). C'est également un travail de motricité, qui peut ensuite être pimenté : marcher sur la ligne en tenant une cloche qui ne doit pas tinter, un verre d'eau à ne pas renverser, un poids au bout d'une corde qui ne doit pas se balancer...
La ligne peut également servir à quelques exercices collectifs, comme tourner en rythme ensemble (sans se gêner les uns les autres).

dimanche 21 février 2010

Objets suspendus






Émy commence à bien attraper tout ce qui est à sa portée. Le geste n'est pas rapide, elle a besoin de concentration, et elle ne garde pas encore très longtemps en main ce qu'elle a attrapé. Je lui mets maintenant des objets suspendus, en alternance avec les mobiles qui sont plus reposants.
Elle a pour l'instant un anneau, qu'elle attrape facilement, et un grelot, un peu plus difficile à dompter ! mais elle se concentre très fort pour y arriver.

vendredi 8 janvier 2010

La compagnie des poupées russes





Ioulia a rapporté de son dernier voyage des poupées russes pour Liv. Elle ne pouvait pas mieux tomber avec ce cadeau, car Liv est dans une période où elle adore mettre des choses dans des choses dans des choses, notamment des sacs remplis de sacs, remplis de trousses, remplies de petites choses...
Liv passe régulièrement de longs moments avec ses poupées russes, et j'ai pu l'observer tranquillement. Elle observe bien, corrige ses erreurs, et recommence. Elle a testé spontanément plusieurs rangements : toutes les poupées construites et alignées par ordre de taille, tous les éléments alignés de différentes façons, et bien sûr toutes les poupées emboitées comme il se doit.
Je remarque qu'elle est bien concentrée quand elle prend le temps d'observer, de tester. Elle marque un temps d'arrêt si elle fait une erreur, le temps de la réflexion, puis elle corrige et continue. Et puis je peux être à côté sans la déranger, ça c'est un signe !
Et pourquoi ce titre ?... parce que c'est ainsi que Liv a nommé ses arrangements de poupées. Je l'ai entendue m'appeler, me disant "Maman, vient voir la compagnie des poupée russes !". J'ai bien ri de cette trouvaille, mais je ne sais pas d'où elle sort ça.

lundi 21 décembre 2009

Contemplation






Petite Émy aime beaucoup passer du temps à observer ses mobiles. Le premier, celui de Munari, que j'ai présenté dans un autre billet, l'a beaucoup captivée. Il est toujours en mouvement et a une très belle cinématique. Il bouge lentement autour d'un axe central créé par la boule en verre, plus lourde que les éléments de papier. C'est très agréable à observer.
Puis, dimanche, il m'a semblé qu'elle en avait assez de ce mobile. Elle voulait voir autre chose... n'ayant pas encore eu le temps de préparer le suivant, celui des octaèdres (il est en fabrication...), je lui ai installé le 3ème, le mobile de Gobbi. Elle s'est calmée tout de suite et l'a observé longuement, visiblement très contente. Depuis, elle lui a même parlé et fait des sourires. C'est fascinant de la regarder, avec son regard intense, entièrement captivée et impliquée dans cette observation. Parfois elle reste immobile et se concentre très fort, le regard fixé sur quelque chose, parfois tout son corps s'agite, elle ouvre la bouche, comme si elle voulait partager ses impressions.
Elle aime également observer, scruter nos visages. Elle a alors un regard très sérieux, profond, elle enregistre les détails de nos expressions et de nos traits.

Kiri Kiri





Alors que nous allions préparer le repas, Liv m'a dit qu'elle avait faim. Je lui ai proposé une tartine de Kiri (oui... nous avons du kiri, c'est Liv qui fait ses courses quand elle va au supermarché avec son papa, "parce que chez Biocoop y'a pas de kiri et de kinder"). Je lui ai donné la boite de fromage, 2 tranches de pain, une petite planche en bois et son couteau à tartiner, lui demandant de me faire également une tartine. De façon très méthodique, Liv a mis les tranches de pain sur la planche, et a sorti 2 kiri de la boite, qu'elle a placé, encore dans leur emballage, sur le pain. Elle a refermé la boite et me l'a donnée pour que je la range au frigo. Ensuite, elle a déballé et replacé les 2 kiri sur les tranches de pain, et est allée s'installer à sa table au salon. Après avoir posé le plateau, Liv a pris une assiette dans le placard à vaisselle. Elle a mis une tranche de pain avec du fromage sur l'assiette, puis un fromage, sans le pain (tiens, tiens ?...). Elle a tartiné la tranche de pain avec application et concentration et me l'a apportée à la cuisine. De retour à sa table, Liv s'est mise à manger son kiri, sans le pain. Après quoi, elle a tout rapporté à la cuisine. Et moi j'étais fière de ma grande fille qui s'était bien débrouillé toute seule. En ce moment, des épisodes comme celui-ci sont rares alors je les savoure encore plus.
Le lendemain, Liv a encore voulu un kiri pour le goûter. Son papa lui a donné la boite et elle est venue s'installer à table avec moi. Il n'en restait qu'un seul, et après l'avoir sorti, elle a essayé de remboiter les deux parties de la boite. Elle a fait plusieurs tentatives, de différentes manières, sans y parvenir. Sans se démonter, elle a dit pour elle-même "de toute façon elle est vide, je vais la jeter". Puis, elle est descendue de sa chaise m'annonçant "je vais la mettre dans la poubelle à papier".

lundi 12 octobre 2009

Découpage





Depuis longtemps déjà, Liv s'intéresse aux ciseaux. Je lui avais montré comment les tenir, mais elle n'arrivait pas garder les doigts bien placés et faire en même temps le geste pour couper, et elle se décourageait. J'ai donc remis cela à plus tard.
La semaine dernière j'ai ressorti l'activité, cette fois-ci avec 2 paires de ciseaux et des belle bandelettes roses. Après quelques séances de concentration intense Liv arrive maintenant à prendre seule les ciseaux avec 1 main, en plaçant ses doigts correctement. Elle arrive à couper des morceaux lorsque je tiens la bande de papier. Si elle la tient toute seule, elle a encore du mal à tout coordonner : placer le papier dans le bon axe, viser avec les ciseaux, faire les gestes pour couper. Mais elle s'entraine avec un sérieux et une concentration qui font plaisir à voir !
Quand elle en a assez de couper, soit elle va jeter les petits bouts à la poubelle et range le plateau, soit nous enchainons sur une activité de collage dont elle raffole aussi.
Quand elle colle, elle prend toujours bien soin de refermer le tube de colle après chaque bouts de papier encollés ! Ensuite, elle agrémente les papiers collés de dessins. Ça donne de jolies choses.

vendredi 9 octobre 2009

En ordre





J'ai déjà mentionné la période sensible de l'ordre, qui s'étend de la naissance à 3 ans environ. Et la dernière fois j'ai parlé d'une Liv qui ne voulait plus ranger, et qui avait même tendance à jeter les objets ou à tout laisser en plan.
Cela n'a pas duré (ouf), et l'intérêt s'est également porté sur un autre aspect de l'ordre : le déroulement des journées. Liv m'a montré son intérêt en posant des questions incessantes : Qu'est-ce qu'on fera après la sieste ? Et demain, on va faire quoi maman ? On raconte la journée ? Et maintenant c'est le jour ? le matin ? l'après-midi ?... Ces questionnements continuent et montrent qu'elle a besoin de se repérer dans le temps, par rapport à sa journée, à ce qu'il va se passer ensuite.
Et depuis quelques jours j'observe un nouveau pic lié au rangement. Tout doit être à sa place, y compris nous ! attention, il n'est pas question que je m'asseye sur "la chaise de papa". Liv range, ordonne, trie, aligne (ses livres classés par collection), fait des piles, et fait le ménage. Elle dit souvent "bon moi je range un peu", ou alors "je range le bazar".
Cet après-midi après la sieste, elle a sorti un jeu de mise en paire tactile. Normalement cela se fait les yeux fermés, mais pas à son âge! mais elle touche quand même les matières les yeux fermés. Elle est restée concentrée sur ce jeu un moment et à chaque fois, elle a tout aligné bien droit.
Plus tard, elle s'est intéressée à un jeu d'aimants colorés qu'elle a trouvé dans un tiroir de mon bureau. Elle en a fait des lignes bien droites sur sa table en fer, et après les lignes, elle a recommencé en les collant tous ensemble pour faire une grande surface. Une longue concentration.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...