dimanche 6 mars 2011

La séparation


Pour moi il était évident que ma place serait auprès de mes filles et que nous devrions nous organiser et nous donner les moyens d'assumer ce choix. Pas toujours facile, je le conçois...

Liv a été gardée quelques temps par ma petite sœur, pour que je puisse travailler un peu. La séparation n'a pas été difficile. D'ailleurs il me semble que ni elle, ni moi n'avons vécu cela comme une séparation. Elle était avec quelqu'un en qui j'avais une totale confiance et qu'elle aimait énormément. Liv était heureuse avec sa tata, et elle était à la maison, dans son environnement. Nous avons eu de la chance que ça puisse se passer comme cela. (Merci merci tata ;-))
Aujourd'hui la question se pose pour Émy, car il faudrait que je puisse travailler un peu...
Alors nous avons testé la Halte-garderie : à la première visite, Émy ne voulait plus partir. Elle croyait que c'était un endroit où elle viendrait jouer avec moi ! Puis petit à petit, à raison de 2 matinées par semaine, ça s'est dégradé pour en arriver à ce qu'elle ne veuille plus y aller. Elle ne pouvait y rester plus d'une heure, et passait son temps dans les bras, à pleurer dès qu'elle devait être posée. J'ai perdu 2 matinées par semaine au lieu de gagner du temps finalement ! Alors nous avons laissé tomber.
Je ne peux pas laisser mes enfants si les conditions ne sont pas idéales. Il faut que je sois en confiance, et qu'Émy le soit aussi. Qu'elle soit heureuse. Et là l'alchimie n'y était pas. Est-ce moi qui ait mal géré les différentes étapes de l'adaptation ?, Est-ce le personnel encadrant qui n'a pas su nous accompagner dans ces passages difficiles ?... Je ne sais pas trop, un peu les deux certainement. Nous n'étions pas prêtes, ni elle ni moi en fin de compte.

La séparation n'est vraiment pas une chose facile. Un mélange d'envie et de ras-le-bol, de peurs et de doutes... On entend souvent dire qu'elle est nécessaire, et de plus en plus tôt. Qu'il faut passer par là pour l'enfant et sa socialisation. Un grand mot fourre-tout. Je ne suis pas de cet avis. La socialisation n'a rien à voir avec le fait de créer une micro-société avec des enfants de mêmes âges, mais plutôt de rencontrer des gens de tous âges, adultes ou enfants, jeunes ou vieux, dans diverses situations, et divers lieux. C'est ça se socialiser : savoir créer et gérer sa relation aux autres, savoir s'intégrer dans une société hétéroclite.

Je pense que si l'on arrive à accompagner son enfant en l'écoutant, en le suivant dans ses besoins tout au long de son chemin vers la séparation, il aura pu construire une confiance en nous qui sera inébranlable. C'est tout un travail, de longue haleine, parfois fatiguant mais qui en vaut la peine. Avant de pouvoir gérer sereinement une séparation, l'enfant a besoin d'une base solide. Je pense que plus l'enfant aura pu assouvir son besoin de proximité, d'intimité, plus il saura se détacher et vivre sa vie pleinement, en confiance et pour lui-même.
Le lien émotionnel qui se noue entre le bébé, puis l’enfant et sa mère est cette base nécessaire à l'envol. Tout repose, dans le monde interne, sur l’évolution de ce lien. Dès le départ ce lien est tout : le bébé ne peut construire son identité indépendamment de la maman qui le tient dans ses bras. Il ne se sent pas différent d'elle. Et petit à petit il se détache, se sèvre, se déplace, se met debout et marche, puis il parle et devient de plus en plus autonome. Chaque petit enfant vit ce chemin vers la séparation à sa façon et à son rythme et je pense qu'il est important de le respecter.
Émy est vraiment très accrochée, très possessive, et il me sera d'autant plus difficile de la laisser. Je n'ai pas envie de la brusquer et nous prendrons le temps dont elle a besoin.

Mais comme je dois quand même me libérer un peu de temps pour travailler nous avons trouvé une baby-sitter adorable (coucou Pauline, si tu me lis ;-)) et dès sa deuxième visite Émy était déjà bien plus à l'aise. Elle lui a d'abord fait un numéro de charme, bien en sécurité dans mes bras, avec un jeu de regards, sourires, et haussements de sourcils, se cachant régulièrement le visage au creux de mon cou. Puis peu à peu, elle s'est détachée de moi et a pu entrer en contact avec Pauline. Elles ont ensuite joué toutes les deux pendant que j'étais au bureau !! Malheureusement le facteur a sonné pour livrer un paquet et j'ai dû descendre. Émy m'a vu passer... et c'était fichu pour cette fois. La prochaine fois, il y aura aussi Liv puisque c'est encore les vacances. Ça devrait aider Émy à se sentir en confiance.

9 commentaires:

Charlie a dit…

Idem ici, je n'arrive pas à laisser mes enfants si le départ se passe mal ou s'ils refusent de rester... On me dis que je suis trop inquiète, qu'ils ne vont pleurer qu'un moment, mais ce moment est de trop pour moi et je le perçois comme une preuve de leur mal-être.
Pourt Minipouce, je l'ai souvent ramené à la maison avec moi quand il refusait que je le laisse à la crèche. Et puis, quand il a grandit (vers 2 ans), j'ai perçu que la nature de ses pleurs avait changé et j'ai analysé MES émotions : en fait, c'est moi qui gérait mal la séparation et il le sentait et me le renvoyait...
J'ai pris le temps d'en parler avec lui, lui ai expliqué que j'allais être obligée de reprendre le travail, que j'étais triste mais que je savais que la crèche lui plaisait (je l'avais senti)et qu'il avait le DROIT de passer de bons moments même en mon absence et que cela ne me chagrinerait pas. Cela a été radical, il m'a alors toujours quitté avec un sourire ;-) !!!
Par contre, en ce moment, alors qu'il a 3 ans, il refuse de passer une nuit hors de la maison sans nous (chez les grands-parents) alors qu'il le faisait sans problème il y a 6 mois. Je pense que c'est lié à la grossesse et nous le gardons donc avec nous, ce que les grands-parents ne comprennent pas, pensant que nous " cédons " trop à ses souhaits... Peu importe, je sais que l'envie lui reviendra vite et je lui fais toute confiance pour s'envoler, comme ton Emy, quand ils seront prêts !!!
BON COURAGE et à très vite !!!

Eugénie a dit…

Je dois bientôt laisser mon p'tit gars de 6 mois pour la première fois. Il n'a jamais été gardé par quelqu'un d'autre que son papa ou moi. Le laisser à la crèche m'angoisse un peu.
D'un côté je suis contente qu'il connaisse d'autres personnes et d'autres enfants. Je sens qu'il est en demande. Je suis aussi contente de reprendre le travail.
D'un autre, comme Charlie le dit, je l'imagine pleurer à la crèche et c'est dur... Si seulement je pouvais le laisser à une personne pleinement disponible qui ne le laissera pas pleurer tout seul...
Mais je dois faire attention à ne pas lui transmettre mes peurs.
Verdict dans un petit moment...

Courage à vous ! Et vive Pauline ! ;)

Lor a dit…

Ah ces histoires de garde... Pas deux pareilles et pourtant toutes les mêmes... L'essentiel est de procéder par étapes et pour le bien-être de tout le monde ! Ma fille n'a été gardée que vers 6 mois, d'abord seulement deux jours et chez sa cousine avec une nounou commune, puis il y a eu l'entrée en halte-garderie pour 3 jours par semaine, mais elle avait déjà 14 mois + depuis qu'elle a 2 ans et demi, deux autres journées chez une voisine. Cela s'est fait progressivement, avec un peu de bricolage, mais ma fille gère extrêmement bien les séparations et elle les demande même parfois, partant sans nous chez sa cousine ou ses grands-parents le coeur léger, après un bisou rapide, à 2 ans 1/2... Alors je me dis que nous avons bien fait de prendre notre temps. C'est cette confiance dont vous parlez, qui est importante. Je suis si fière d'elle !

Nounous Taties et Cie a dit…

Connaissez-vous le concept du continuum de Jean Liedloff ? A vous lire, il semblerait. Sinon il faut le lire car cela vous confortera dans vos idées.

Eve a dit…

Je connais ce titre pour en avoir entendu parler à plusieurs reprises. À chaque fois je me suis dit que je devrais le lire, puis j'oublie. Merci d'en parler ! Cette fois-ci je vais le lire.

Charlie, tu as raison au sujet de nos émotions. Je pense qu'en grande partie je suis responsable du fait qu'Émy ait du mal à me lâcher. C'est dur de ne rien transmettre, les enfants sentent tout.
Même avec Pauline à la maison, avec Liv présente et toute contente, il y avait encore des moments où elle se mettait à pleurnicher et à me réclamer. Heureusement la plupart du temps je l'entends qui s'amuse. C'est plutôt sur la bonne voie.
Et de son côté Liv maintenant n'a vraiment aucun problèmes à nous quitter, elle est vraiment en confiance.

Claire a dit…

Merci pour ce post, Eve. Je partage votre point de vue sur la séparation, et ça fait du bien de lire cela :)

pauline a dit…

en pleine séparation avec mon petit de 6 mois moi aussi...pas facile, lui qui ne s'endort qu'au sein, le voilà qui pleure seul dans son lit pendant de longues minutes avant de dormir...et tellement marre d'entendre 'il va s'habituer, c'est normal, il va pas en mourrir, ça va vous faire du bien à tous les deux d'être un peu moins collés...'j'en passe...petit réchauffement du coeur à lire ces qq lignes, merci merci!

émili a dit…

Merci pour ces écrits...
ça fait du bien de le lire même quand on en est persuadée.

alix/clo a dit…

ici une "nounou nature" qui garde une petite fille adorable de 2 ans depuis septembre, nous avons un super lien et si la séparation était dure avec la maman au début (nous avons pris notre temps) maintenant on est très à l'aise et maman part au travail sereine. Une des clés et des prendre son temps et de parler, d'expliquer.
A bientot sur votre très beau blog.

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