samedi 21 juin 2014

Apprentissages autonomes



Plus je chemine, me questionne et observe mes filles, plus je suis convaincue que la meilleure manière d'apprendre réside dans les apprentissages autonomes. C'est même d'une évidence tellement simple qu'on a du mal à imaginer pourquoi tout apprentissage n'est pas autorisé à ce passer si naturellement.
Le tout petit apprend seul à marcher, parler, manger avec des couverts, s'habiller... Pour cela il n'a besoin que de la présence d'adultes bienveillants qu'il peut observer et imiter, avec qui parler et échanger. Avant son entrée à l'école l'enfant a appris un très grand nombre de choses sans apprentissages formels, avec plaisir et entrain; les bases du langage sont posées, il commence à dénombrer... mais une fois passée la porte de l'école, tout se passe comme s'il n'était plus capable de faire cela tout seul, qu'il avait besoin d'un maître extérieur qui lui dise quoi faire, comment et quand. L'enfant entre dans les apprentissages forcés et artificiels, et il apprend surtout à ne plus se fier à lui-même, à avoir peur de se tromper, à suivre le groupe et ce qu'on attend de lui, rarement plus.
Hors il est évident que l'on apprend toute sa vie, sur des sujets très variés à partir du moment où ils nous intéressent, et c'est de cette manière-là, lorsque l'on est moteur et acteur de ses apprentissages, que les informations sont enregistrées puis réutilisées. Ce sont des savoirs qui vont durer.

Petite, j'ai eu une passion pour les oiseaux. Pendant plusieurs années que je me suis intéressée aux oiseaux, je les ai observé, dessiné, mes parents m'ont offert des livres que j'ai lu en entier, j'ai appris à reconnaître leurs chants. De même, j'ai longtemps pratiqué la danse classique et je me suis intéressée à la musique des ballets, découvrant ainsi la richesse des compositeurs classiques.
Se forger des savoirs de cette manière est nettement plus durable. Qui se souvient des cours d'histoire du primaire ou de biologie du collège ? Pas moi en tout cas, alors que je n'ai pas oublié tout ce que j'ai décidé à un moment d'apprendre par moi-même, que ça concerne les oiseaux, la danse et la musique classique, le dessin ou la photographie...

C'est ce qui me guide avec les filles. Je ne souhaite pas les pousser dans une direction ou une autre, mais leur fournir de la matière riche, un environnement propice et une présence pour échanger.

En ce moment, pour un projet, je dessin des papillons. Je me suis donc bien renseignée sur les espèces les plus communes autour de nous, et Émy s'est prise au jeu également. J'ai commandé ici une mallette super chouette sur les papillons qui nous a permis d'en savoir plus et d'apprendre les noms des papillons en jouant, en observant, en lisant... Et maintenant dehors Émy est capable de reconnaître certains papillons. Quand nous ne savons pas, nous en discutons ensemble et de retour à la maison nous regardons dans un livre. Nous sommes presque au même niveau toutes les deux (j'avais un peu d'avance, mais elle me rattrape vite !). C'est impressionnant la vitesse à laquelle les enfants apprennent quand ils sont motivés et intéressés.

Sur le sujet des apprentissages autonomes, il y a un documentaire diffusé en ce moment au cinéma : "Être et devenir". À voir et à méditer ;-)

13 commentaires:

Angélique a dit…

Tiens, j'avais oublié la sortie de ce film...je m'étais inscrite sur le site pour être avertie d'un passage en salle dans ma région, on dirait que c'est raté!
J'attendrai le DVD...

En ce qui concerne le sujet de l'article, j'en ai parlé à mon mari ce matin...ces quelques lignes me donnent les mots qui me manquais, merci!

Bonne continuation dans votre observation des papillons...

cerina a dit…

Merci pour le billet.

Déborah Defaux a dit…

Oui je crois beaucoup aux apprentissages autonomes aussi. L'école à la maison est peut-être la meilleure solution?

Anonyme a dit…

Chouette billet !
Je partage totalement ton point de vue.

Est ce que la nomenclature fait partie de la mallette pédagogique?

Et voici un lien vers une déguisement d'oiseau qui pourrait plaire à tes filles ! http://www.marieclaireidees.com/,deguisement-oiseau-pour-fille,2610348,122391,2#?slide=2

Hélène

Eve a dit…

@Déborah, oui l'école à la maison sera finalement le chemin que nous prendrons ! à suivre dans un prochain billet ;-)

@Hélène, la mallette pédagogique comprend un mémori avec ces cartes de papillons, j'ai juste imprimé des billets de lecture avec les noms !

Merci pour l'idée de déguisement, c'est vrai que c'est joli !
J'avais envie de le faire pour l'anniversaire de Liv, mais je n'aurais pas le temps. Je lui ferai plus tard.

Linda LAGRELLE a dit…

J'adhère complètement à ce que vous dites dans ce billet.
Mes petites dernières ont tout juste 5 ans et n'ont fait un trimestre d'école (pédagogie Montessori) qui ne nous convenait pas pour divers raison dont les principes mal appliqués de cette pédagogie lié au nombre d'élèves trop important dans les classes et à une structure trop proche de l'EN au niveau du programme et donc de l'organisation des journées. Elles sont à la maison depuis et vont entrer en GS dans une école privée "classique". Je reste cependant convaincu que l'IEF répond d'avantage à leurs besoins et à mes convictions mais comment oser franchir le pas? Comment justifier ce choix auprès de l'inspecteur qui viendra chaque année dès les 6 ans de l'enfant?
Vous choisissez l'éducation informelle qui est clairement la forme d'instruction la plus respectueuse, mais comment prévoyez-vous de présenter votre méthode à l'inspection, qui finalement viendra vous juger, vous et vos méthodes?
Désolée je suis en pleine réflexion et me pose beaucoup (trop) de questions, je doute énormément... crainte de devoir me justifier de choix que je trouve justes mais qui au regard de la société seront toujours remis en cause. Aussi de vous lire et vous voir faire un choix qui a une grande importance pour vous et vos filles, me montre que des gens arrivent à prendre cette décision et à l'assumer.
Merci pour ce très beau billet.

Linda

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je viens régulièrement sur votre site, j'aime la sérénité qui s'en dégage. Je suis professeur des écoles, en milieu classique. Je m'inspire de la pédagogie Montessori pour mettre en place des ateliers en classe, en bricolant avec les moyens du bord, limités, et votre blog est une source d'inspiration. Mais je ne peux qu'intervenir quand vous demandez "quel besoin a l'école de mettre son grain de sel dans l'éducation des enfants." J'enseigne dans un milieu populaire, plutôt défavorisé. Ce qui pour vous et moi est une évidence, accompagner, observer et guider nos enfants avec bienveillance, ne l'est pas dans toutes les familles, croyez-moi! Alors notre école n'est pas parfaite, la pédagogie Montessori non plus, mais chaque jour j'oeuvre pour le bien-être et l'autonomie de mes 24 élèves. Sans prétention et sans penser mettre mon grain de sel. J'enseigne dans les quartiers où vont peu de gens et où le quotidien de nombreux enfants est rythmé par les difficultés sociales et familiales. Je continuerai à venir vous lire avec grand plaisir, et j'espère que ce billet ouvrira une réflexion moins abrupte et moins radicale.

Eve a dit…

Bonjour "anonyme", je suis désolée si mes propos vous ont semblé un peu radicaux. Je n'ai rien contre les enseignants, qui pour la plupart font de leur mieux, avec les moyens qu'ils ont. Les 2 maitresses de mes filles sont super, attentives, bienveillantes, elles adorent mes filles. Elles ne sont pas la raison pour laquelle je retire mes filles de l'école. C'est du système que je souhaite sortir. La manière dont l'école est conçue et sa vision des apprentissages ne colle pas avec la mienne.
L'école est une institution, et l'idée qu'il faille aller à l'école est ancrée en chacun de nous, alors qu'il existe d'autres possibilités pas reconnues. C'est bien dommage. L'instruction en famille apparait comme quelque chose de radical et osé, moi je le vois comme une chance de prendre d'autres chemins que ceux tout tracés.
Ce choix est pris après avoir essayé l'école Montessori et l'école classique et vu l'évolution et les changements de mes filles au sein du système scolaire.
Ce choix n'est pas accessible à tout le monde, j'en suis consciente, et reste marginal, et je ne le fais pas pour me battre contre l'école, mais pour mes filles et leur bien être.

Eve a dit…

Bonjour Linda.
Oui la question de l'inspection est le "point noir" de l'instruction en famille, surtout lorsque l'on a pas décidé de reproduire l'école chez nous ni de suivre les programmes de l'éducation nationale.
Mais la loi (pour le moment) n'oblige pas les parents à suivre le programme, ni à donner des cours tels que le font les enseignants. Au regard de la loi, nous sommes libres de choisir les moyens d'instruction de nos enfants. En revanche, nous sommes tenus de les faire atteindre le niveau du socle commun de compétences prévu par l'EN à 16 ans. Ensuite le rythme pour y arriver sera celui de notre enfant.
Voilà ce qui est dans le texte, certainement que dans la réalité, selon la personnalité de l'inspecteur et sa vision de l'école à la maison, les choses peuvent être un peu plus complexes.

Je viens de terminer la lecture d'un livre "Instruire en famille" de Charlotte Dien, que je vous conseille si vous vous intéressez à la question. Il est très bien fait, explique la loi, donne des conseils par rapport à l'inspection, apporte des témoignages... très simple et très clair. L'auteure conseille, avant la venue de l'inspecteur, de faire le point sur ce qui a été fait par l'enfant pendant l'année écoulée (sorties, visites, livres, travaux, recherches...) pour les mettre en relation avec le programme de l'EN et ce qui est attendu d'un enfant du même âge. C'est une manière d'apporter du concret à l'inspecteur pour qu'il puisse rédiger son rapport. Ensuite, la loi dit également que c'est l'instruction qui est contrôlée pas l'enfant. Les tests ne sont donc pas obligatoires, et si cela stresse l'enfant, nous pouvons tout à fait les refuser (en essayant de ne pas se mettre à dos l'inspecteur !).
Un conseil avisé est de voir l'inspecteur comme un partenaire de l'éducation de l'enfant et non comme un "méchant" qui veut à tout prix le faire scolariser !
Voilà, pour le moment je ne peux pas vraiment en dire plus, nous verrons bien à l'usage et à l'approche du-dit contrôle ;-) C'est certainement très stressant la première fois !

La décision de déscolariser nos filles a fini par arriver comme une évidence telle que nous ne pouvons pas faire autrement ! Nous le vivons très sereinement pour le moment.
Nous sommes également conscients que peut-être à un moment ou un autre une de nos filles voudra retourner à l'école et nous respecterons son choix.
Bonne continuation et bonne réflexion.

Anonyme a dit…

Que de réalité et de bon sens ic tess voue une passion sur le château fort les chevaliers, étant allée en Vendée elle s'est regaler de visites nous avons été épaté part son écoute et sa patience. On a aussi visité un lieu dédié aux abeilles et elle a tout memoriser. A l'ecole (freinet) qu'elle ne fut pas sa joie d'expliquer au copain ce qu'elle avait découvert et quand son instit lui a dit et bien Tess tu m'as appris beaucoup de choses que j'ignorais elle était vraiment aux anges. Toute la journée les enfants ont dessinés ded abeilles du coup l'instit changé son programme et s'est adapté a l'enthousiasme des enfants.
Adeline maman de tess

Cathy TONNOIR a dit…

Bonjour Ève! Votre article m'a fait vraiment plaisir! Je vous suis depuis TRÈS longtemps, nous faisons l'ief depuis mars 2013 et en ce moment je suis en pleine réflexion sur les apprentissages autonomes. J'ai peur de me lancer à cause de l'inspecteur. Je le connais, il est déjà venu 2 fois à la maison et adore le scolaire, les manuels...
Alors de voir que vous allez vous lancer dans les apprentissages autonomes me donne du courage et me motive encore plus!
Bravo pour votre blog!
Cathy

Carine et Konstantin a dit…

Bonsoir Eve,
Je suis arrivée à la même conclusion en regardant vivre mon fils ainé de 5 ans (jamais sco). Nous faisons l'instruction en famille grâce aux apprentissages autonomes, je remarque que nous délaissons peu à peu Montessori (je me suis formée l'an dernier à La Source), mon fils n'ayant jamais vraiment accroché (il ne reprenait pas ou peu le matériel présenté et je ne voulais pas lui imposer). Ma seule crainte est les contrôles de l'inspection académique :-( Sinon j'ai hâte de visionner "être et devenir", j'ai pré-commandé le DVD et j'ai eu quelques retours très positifs d'amies IEF l'ayant vu sur Marseille. Hâte aussi de lire tes prochains billets!!!! Carine

Pooky a dit…

Je suis contente que tu abordes ce sujet. J'ai lu quelques livres dessus et je me suis toujours demandée comment cela se passe concrètement. Peut-être que tu pourras m'éclairer dessus. En effet, il faut accompagner l'enfant dans ses intérêts mais comment ?
Comme je te l'ai dit, ma petite Emy va dans une école Montessori et je ne peux pas m'empêcher de vérifier ses connaissances avec le matériel Montessori que j'ai à la maison et j'ai l'impression que cela l'embête, quand je lui demande si elle connait telle lettre etc... J'aimerais séparer tout ce qui est scolaire qui doit rester à l'école et tout ce qui est apprentissage autonome à la maison. Mais comme à l'école elle apprend tout en anglais et un peu en thai, je ne peux pas m'empêcher de lui apprendre le français, au cas où nous retournions en france un jour.
J'aime l'idée qu'elle apprenne les choses par elle-même, du coup on la sort souvent dans des endroits divers et on lui fait faire des expériences scientifiques de son âge. Mais comment savoir si cela est suffisant et si elle est comblée ? Et comment elle va savoir lire et écrire le français plus tard.

Je ne suis pas très claire il me semble. Tu vois en gros ce que je veux dire ? ;o)

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